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L’ALGERIE EXPLIQUEE A MES ENFANTS

C’est à vous mes enfants qui n’ avez pas connu ce paradis

Qu’aujourd’hui je m’adresse et à vous je vous dis

Beaucoup trop de gens sur ce sujet vous ont menti

Alors laissez-moi-vous expliquer ce qu’était l’Algérie

 

Vos Aïeux venaient de France, d’Espagne ou d’ailleurs

Tous des pauvres gens ni plus mauvais, ni meilleurs

Durs au travail et c’est vrai exubérants et ripailleurs

Mais c’était toujours et avant tout des gens de cœur.

 

Puisqu’on leur fit croire que ce pays était le leur

Pendant un siècle ils mirent cette terre en valeur

Ni l’insalubrité, ni le travail ne leur faisaient peur

Ils étaient certains d’avoir trouver le bonheur.

 

En vérité, il y avait bien un Blachette et un Borgeaud

D’autres de cette terre ne possédaient qu’un morceau

La majorité, elle, n’avait que ses bras pour tout joyau

Mais jamais aucun d’eux ne fit payer un verre d’eau.

Quand la guerre fut déclarée et la Patrie en danger

Antoine, Jean, Ali, qu’ils soient Français ou Etrangers

Tous furent volontaires et prêts à se faire tuer 

Les cimetières et les monuments peuvent en témoigner.

 

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Français, Espagnols, Maltais, Portugais ou Italiens

Notre communauté s’appelait déjà les Européens

Par nos origines nous étions tous des chrétiens

C’est tout ce qui nous séparait de nos amis algériens.

 

Nous pensions avoir été compris un jour du mois de mai

Dans l’euphorie nous n’avons pas saisi le faux du vrai

Il nous a fallu laisser notre maison à défaut de palais

Et quitter ce pays et cette terre dans le plus bref délai.

 

C’est alors que l’exode nous a fait changer de rivages

Connaître d’autres cieux et d’autres visages

Mais nous garderons toujours en mémoire nos paysages

Rien ne remplacera nos villes et nos villages.

 

Et puisque ‘’Pieds-noirs’’ on a voulu nous appeler

Ce nom il nous a fallu d’abord le valoriser

Et nous battre parfois pour le faire respecter

A vous, mes enfants, il vous reste à le faire aimer.

 

Maintenant me voilà au crépuscule de ma vie

Avant de vous quitter, mes enfants, je vous le confie

Défendez l’œuvre de vos Aïeux de toute votre énergie

Pour que soit connue, enfin, la Vérité sur l’Algérie.

 

                                               Jacques Adrier


Nos amis les Harkis


Je vous fais part d'un courrier reçu à ce jour.
Merci  Alina ...
 
 
Bonsoir,
Je me permets de vous contacter car je souhaiterais partager une découverte époustouflante que j'ai faite récemment avec la sortie d'un roman "je ne vous oublie pas" d' Emmanuel Sabatie. J'étais sous le choc, moi-même fille de harki j'étais loin de m'imaginer que mon père a échappé à tout ça, aux horreurs, aux massacres, à l'enfer et à tous ce qui s'est
passé en Algérie... Et en même temps, l'auteur a réussi à nous faire revivre cette période avec une émotion si forte qu'on ne peut pas rester insensible. (Je n'ai fait que pleurer
...). C'est un livre qu'il faut recommander et à faire connaître car j'aurais l'impression qu'on nous crache encore dessus et qu'on exitera jamais comme l'a été déjà mon père qui n'est plus ! Un livre qui nous donne enfin la parole, à nous qui ne l'avons jamais eu. Une vraie reconnaissance.
 
Amicalement
Alina
 
Ps:Livre disponible chez Martin Delbert au prix de 18€(APN 47)

« Les accords d'Evian ? Un vrai marché de dupes ! »

  « Les accords d'Evian ? Un vrai marché de dupes ! »

 

  sur Corse  Matin

 

Jean-Baptiste Ferracci a eu, en qualité de photographe de guerre (militaire puis civil), à vivre certains des épisodes les plus marquants de ce conflit, mais aussi l'exode des Pieds-Noirs, thème de son second livre, qui vient de sortir en librairies.DR

 

 

Jean-Baptiste Ferracci, notre nouvel invité dans le cadre de cette série, vient de publier un second ouvrage sur ce conflit qu’il avait « couvert » comme reporter-photographe

 

Jean-Baptiste Ferracci* n'est pas Pied-Noir mais il a une grande connaissance du sujet. Et pour cause : il a vécu cette guerre d'Algérie « de l'intérieur » pendant plus de trois ans, en sa qualité de reporter-photographe. Civil d'une part. Et comme envoyé spécial du journal L'Aurore. Militaire d'autre part (appelé du contingent) et pour le compte de l'hebdomadaire des forces armées françaises Bled.


Après avoir publié en 2007 Images vécues de l'Algérie en guerre, notre compatriote vient de livrer un second opus intitulé L'adieu (1962 le tragique exode des Français d'Algérie) disponible depuis quelques jours en librairies**. 


L'occasion, dans le cadre de cette série de témoignages consacrée à ce conflit, de recueillir son point de vue.


Quand vous êtes arrivé en Algérie (en mai 1958) quel sentiment vous a inspiré la lutte de décolonisation dans laquelle s'était engagée une partie de la population musulmane ?


Si tous ceux qui vivaient sur cette terre n'avaient pas le même niveau de liberté et d'égalité (politique, économique, sociale) la population me paraissait attentiste, prudente et, pour une large part, espérait une évolution institutionnelle sans rupture avec la France.

Mais, déjà, la violence était bien présente…

Elle était le fait du FLN, aux méthodes terroristes ignobles. On ne peut se prévaloir d'un combat de libération en s'attaquant à des hommes, des femmes, des enfants de toutes les communautés, par la bombe, le fusil ou le couteau des égorgeurs. Il fallait donc s'opposer à de tels comportements sanguinaires.

Votre statut de reporter (militaire ou civil) vous a conduit à être dépêché sur les événements les plus chauds. Quels sont ceux qui vous ont le plus marqué ?

C'est en ville, à Alger, que j'ai vécu les épisodes les plus violents. Notamment la fusillade meurtrière du 24 janvier 1960, où j'ai été pris, pendant une vingtaine de minutes, sous le feu de fusils mitrailleurs balayant le square Laferrière. Il y a eu aussi plusieurs attentats à la voiture piégée, comme celui qui s'est produit sous mes yeux, le 24 décembre 1959, rue d'Isly. Mais c'est dans cette même artère, le 26 mars 1962, que j'ai vécu le pire.


Que pouvez-vous nous en dire ?


Quand, à l'issue de la fusillade, j'ai parcouru les trottoirs jonchés de cadavres, j'ai éprouvé un sentiment d'écœurement et de colère. Je pense qu'il aurait été le même si j'avais été amené à couvrir les tragiques événements du 5 juillet 1962 à Oran, où un général français a refusé d'intervenir pour aider ses concitoyens victimes d'un véritable lynchage de la part des nouveaux maîtres de l'Algérie.


À la fin de votre service militaire (avril 1961), vous êtes rentré quelques mois en métropole. Quand vous êtes retourné en Algérie, comment la situation avait-elle évolué ?


Malgré la signature de ce marché de dupes qu'ont été les accords d'Evian, le climat s'était gravement détérioré. La violence était partout. La désespérance avait gagné les Européens d'Algérie et l'opposition des deux communautés était devenue insupportable. Entre le 19 mars 1962, date de cette signature et la fin de cette même année, il y a eu près de 100 000 victimes. Parmi elles, plusieurs centaines de soldats français, plus de 4 000 pieds-noirs et environ 80 000 harkis !


En tant que militaire, avez-vous ressenti, de la part d'une frange de la population de la métropole, une forme de rejet ?


Je n'ai jamais eu honte d'avoir participé à ce conflit car j'ai toujours estimé avoir fait mon devoir en tant que Français d'une part, et en tant que Corse d'autre part. N'oublions pas que près de 10 % des Pieds-Noirs étaient d'origine corse. Gardons aussi en mémoire que notre île fût le seul département à voter majoritairement non au referendum d'autodétermination, et que c'est sans doute en Corse que les pieds-noirs déracinés (d'origine corse ou non) ont été le mieux accueillis.


Comment expliquez-vous que l'armée française ait été si sévèrement critiquée ?


Une certaine intelligentsia composée de pseudo-bien pensants s'est emparée du sujet en présentant tous les soldats ayant servi en Algérie comme des tortionnaires. Des accusations qui émanaient souvent de complices conscients ou inconscients du terrorisme.

C'est oublier que les soldats français faisaient également l'école dans les douars les plus reculés, soignaient, administraient, aidaient les populations qui avaient beaucoup à craindre des terroristes, assassins de civils désarmés et innocents.


En tant que journaliste, que vous inspirent les critiques visant la presse française, accusée de ne pas avoir, à l'époque, assez bien informé l'opinion publique de la métropole ?


Pour les médias, il était difficile, voire impossible d'avoir une vision correcte des objectifs politiques du gouvernement de l'époque. La population métropolitaine ne comprenait strictement rien au conflit, qu'elle ne connaissait d'ailleurs qu'à travers les récits de ses enfants partis combattre là-bas, pour une cause dont on ne leur avait jamais bien expliqué la finalité. Quant à la médiatisation des événements qui se sont déroulés après le 19 mars 1962, il est indéniable que les médias français n'ont, pour la plupart, pas su informer objectivement la population métropolitaine. Plusieurs titres de la presse écrite nationale de l'époque avaient d'ailleurs un caractère éminemment partisan.


Estimez-vous, comme certains, que l'État s'est rendu coupable de beaucoup de mensonges et de non-dits pour justifier ses positions ?


C'est une évidence. Interrogé sur l'acte de trahison le plus retentissant de la Ve République, Alain Duhamel a répondu sans hésiter : « Celui du Général de Gaulle vis-à-vis des Français d'Algérie ». Le manque de clairvoyance ainsi que l'absence d'humanité et de compassion face aux drames vécus sont proprement ahurissants.

En 1958, il s'était pourtant voulu rassurant…

Un simulacre pédagogique ! Il est clair que, dès son arrivée au pouvoir, son intention était d'agir pour l'indépendance. Mais il était beaucoup trop intelligent pour dévoiler d'emblée ses objectifs. Les conséquences de cette trahison ont été inhumaines, tant pour le million de pieds-noirs, que pour beaucoup d'Algériens.


Comment qualifiez-vous l'attitude de la France vis-à-vis des harkis ?


Scandaleuse. Ils ont été lâchement et honteusement abandonnés, comme l'ont également été les moghaznis, groupes mobiles de police rurale et d'autodéfense qui avaient choisi de s'engager aux côtés de la France. Heureusement, quelques officiers et quelques unités ont outrepassé les ordres pour les protéger et les conduire en métropole où, souvent, ils ont survécu dans des conditions indignes. Cela a été passé sous silence par les bonnes consciences françaises qui n'ont pourtant pas manqué de s'incliner devant les quelques victimes des forces de l'ordre appelées à réprimer, à Paris, une manifestation FLN qui n'avait rien de pacifique.

Le phénomène de l'exode est le thème de votre second livre sur l'Algérie. Quelle réflexion vous inspire-t-il ?

En signant les accords d'Evian, la France n'a obtenu aucune garantie réelle et significative, ni pour les Français d'Algérie ni pour les harkis. De Gaulle avait estimé qu'environ 400 000 personnes quitteraient l'Algérie en quatre ans. En fait, ils furent près d'un million en quatre mois, harkis non compris ! Si la France l'avait voulu, l'exode aurait pu être organisé, canalisé. Au lieu de quoi, il s'est agi de l'une des plus grandes migrations de notre histoire dans des conditions d'improvisation inimaginables.

Quels sentiments vous inspirent cet ultime épisode de la guerre d'Algérie ?

De la tristesse devant l'abandon d'une terre qui n'était pourtant pas la mienne mais que des hommes et des femmes avaient façonnée, développée, modernisée, aménagée, pour en faire une perle du pourtour méditerranéen. De la honte devant le désarroi de ces pauvres gens forcés de tout abandonner tout du jour au lendemain et que l'on accueille en métropole dans l'indifférence.

Qu'est-ce qui aurait pu éviter cette guerre d'Algérie ?

La France n'a pas su, selon moi, saisir les nombreuses occasions qui se sont offertes à elles, de réunir les conditions d'une paix durable. Par ailleurs, il faut aussi admettre que la découverte en Algérie de pétrole, gaz naturel et autres richesses, a aiguisé les appétits de certaines grandes puissances qui, pour tirer les marrons du feu, ont largement soutenu la rébellion.

Et qu'est ce qui, concrètement, aurait pu permettre à ce conflit de connaître une issue globalement favorable à tous ?

Il aurait fallu que De Gaulle ne fasse pas du FLN son unique interlocuteur, alors qu'il existait des indépendantistes plus ouverts au maintien d'un lien avec la France. Cela dit, la poussée de l'intégrisme islamique avait déjà commencé à gangrener l'Algérie.

Êtes-vous surpris par le battage médiatique fait autour du 50e anniversaire des accords d'Evian, alors que la guerre d'Algérie a été un sujet tabou pendant un demi-siècle ?

Pour la Nation entière, elle a été une sorte de maladie honteuse dont il fallait éviter de parler. Sinon pour accuser l'armée, les Français d'Algérie et les harkis. Sur ce point, les chaînes de télévision (publiques en particulier) continuent à avoir un comportement scandaleux en programmant certains films et en organisant des débats qui, à travers le choix des invités, relèvent plus de l'intox que de l'info. Comme s'il s'agissait encore et toujours de démontrer que les méchants étaient du côté de la France et les bons, dans le camp du FLN. C'est insupportable.

 Heureusement, la parole s'est un peu libérée dans certains médias (écrits en particulier) pour que certaines vérités soient enfin rétablies.


* En Corse, Jean-Baptiste Ferracci a notamment été, en 1975, le cofondateur (avec Aimé Pietri) du magazine Kyrn. Élu conseiller municipal d'Ajaccio en 1983, il a ensuite été directeur de cabinet de José Rossi.


**L'adieu (1962, le tragique exode des Français d'Algérie) a été publié aux éditions de Paris-Max Chaleil. L'ouvrage de 208 pages est illustré par plus de 60 photos.
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